Marcel COARD (1889-1974)

Lot 108
80 000 - 120 000 €
Résultats avec frais
Résultat: 212 500 €

Marcel COARD (1889-1974)

PAIRE DE TABOURETS en bois laqué noir, l'assise incurvée garnie de fourrure de panthère, la ceinture moulurée en galuchat vert foncé, centrées d'un losange mouluré d'ivoire, les épaulements en fleurs de lotus de laque «sang de boeuf «à pétales débordant soulignés d'un trait d'ivoire, les pieds se terminant par des sabots en bronze.
Entre 1926 et 1932.
Chaque tabouret estampillé «M. C. COARD» et de la marque au perroquet.
H. 56,5 cm - L. 80 cm - P. 43 cm
C.R.
Provenance:
Ancienne collection de Monsieur Arthur BÉTHENCOURT et de son épouse Marie
Louise née MILLIARY.
Collection particulière par descendance.
La famille Milliary, fabricants de meubles avait ses ateliers au 108, boulevard Arago à Paris. Henry Charles Milliary, frère de Marie Louise, fit la fortune de la famille dans l'importation de bois exotiques notamment de palissandre. Menant une vie mondaine, il fréquente les salons et les milieux artistiques. La maison Milliary réalise pour les architectes et les décorateurs du mobilier de qualité. Les affaires vont bien, jusqu'aux années 40, malheureusement un incendie survenu en 1949 met fin à la production de l'atelier.
Cette paire de tabourets portent la double estampille de Marcel Coard. D'abord formé à l'architecture, notre artiste réalise vers 1914-1915 un mobilier d'avant-garde pour le couturier Jacques Doucet dont une vitrine façonnée en ébène de Macassar dont les taquets des étagères en ivoire sont sculptés en forme de perroquet. Coard choisira ce volatile pour illustrer sa signature autour des initiales M.C. Dès la fin de la Première Guerre mondiale, il conçoit des meubles aux lignes gracieuses dans leur complexité, alliées à des matières fragiles comme la coquille d'oeuf. Libéré des goûts sages et conventionnels de la clientèle de sa boutique du boulevard Haussmann, Marcel Coard affirme ensuite son talent dans le choix et l'association de divers matériaux rares tels le parchemin, les miroirs teintés ou encore le galuchat, dont les façades de nos tabourets sont plaquées avant d'être décorées de losanges d'ivoire fidèle aux ornements néoclassiques. Cette fois ci l'exotisme est exprimé, outre par les garnitures d'origine en fourrure de panthère, par les fleurs de lotus stylisé aux angles, tels des éventails au relief en gradin soulignés d'ivoire. Ce n'est pas sans rappeler la très fameuse table d'Eileen Gray de la collection Doucet (fig. 1 et 2) et nous ramener à la découverte de la tombe de Toutankhamon le 4 novembre 1922 qui a relancé l'Egyptomania...
Le goût de l'Égypte se retrouve dans la fameuse table «au lotus «d'Eileen Gray pour le cabinet d'orient du studio St James de Jacques Doucet.
Les sabots en bronze de nos tabourets, caractéristiques de Marcel Coard sont identiques à ceux de la table console également vendue sous le marteau de Me de Muizon en décembre 2010 (204 000). (Fig. 3)
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